La Tour du Dis
- M comme ….
D’une maquette-sculpture, Maxime Gerfault, vidéaste, GFT production, lui donne une vie monumentale et devient ainsi réalité.
D’une maquette-sculpture, Maxime Gerfault, vidéaste chez GFT Production, lui donne une vie monumentale et devient ainsi réalité.
- M comme ….
D’une maquette-sculpture, Maxime Gerfault, vidéaste, GFT production, lui donne une vie monumentale et devient ainsi réalité.
J'aime l'idée qu'une lettre puisse devenir une sculpture et qu'une sculpture puisse, à son tour, ouvrir sur une multitude de mots.
Le M est ici réduit à une forme essentielle. Ses trois élévations successives dessinent un mouvement qui va de la hauteur vers l'horizontalité. La forme semble s'apaiser progressivement jusqu'à devenir un lieu où l'on peut s'arrêter, s'asseoir, regarder.
Dans sa dimension monumentale, le M quitte ainsi le domaine de l'écriture pour entrer dans celui de l'espace. Il devient une présence que l'on peut découvrir à distance, approcher, longer et finalement habiter.
M comme… Mille, Magnifique, Merveilleux, Mère, Monde, Mer, Montagne, Lumière, Mémoire, Matière, Mouvement, Musique, Matin, Mystère, Magie, Maison, Main, Moment, Merci, Mélodie…
Et aussi comme des prénoms : Martin, Marie, Margot, Manon, Madeleine, Mathieu, Michel, Maxime…
Chaque mot apporte sa propre histoire, son émotion, son imaginaire. La sculpture ne donne pas une définition unique du M : elle propose une ouverture.
Le granit noir, matière profonde et intemporelle, apporte à cette forme une force presque primitive. La partie brute rappelle l'origine de la pierre, tandis que les surfaces travaillées témoignent du geste du sculpteur.
Et puis il y a le banc.
Car au terme de son mouvement, le M offre simplement une place.
Une place pour s'asseoir, pour regarder, pour être ensemble ou seul, pour laisser venir une pensée.
M comme un commencement.
M comme une multitude de possibles.
M comme un mot que chacun peut compléter.
Un tas de chutes de granit dans l’univers très poussièreux de l’atelier…. Un long temps de réalisation !
Réalisée en granit noir, cette sculpture peut nous perturber dans notre perception de la matière.
Habituellement associé à la rigidité, à la permanence et à la puissance, elle semble ici céder sous son propre poids.
Le volume supérieur se déforme, s'affaisse de part et d'autre, comme s'il avait acquis une souplesse impossible.
Pourtant, au point même où il rencontre la colonne qui le soutient, il demeure parfaitement plan, comme suspendu dans un équilibre silencieux.
Cette œuvre est composée de deux formes majeures et essentielles. Une colonne verticale, sobre et puissante, s'élève comme un axe, un principe fondateur. Elle évoque la stabilité, l'élévation, la transmission, la permanence.
Et, sur elle, repose un vaste bloc, placé volontairement hors de toute symétrie. Ce déséquilibre apparent devient la condition même de l'harmonie des lignes.
La sculpture interroge ainsi notre rapport à la résistance.
Ce qui semble inébranlable révèle une capacité de transformation. Ce qui porte n'écrase pas ; ce qui ploie ne rompt pas.
On peut y voir une métaphore de la condition humaine, et plus particulièrement du chemin des artistes.
Les épreuves, le temps, les doutes et les charges de l'existence déforment parfois les êtres sans pour autant les faire céder.
Parce qu'un point d'appui demeure, ils continuent à tenir debout.
De cette tension naît une beauté inattendue : celle de la résilience, où la force ne s'oppose plus à la fragilité mais la révèle.